Chapitre 2: Responsabilité de la communauté vis-à-vis de la formation et la protection de la famille

 

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    La Charte Familiale Dans I?Islam

     

    Chapitre 2: Responsabilité de la communauté vis-à-vis de la formation et la protection de la famille

    Ce Chapitre composé de trois parties, traite de la responsabilité de la communauté à l'égard de l'incitation au mariage, la protection de la famille et les soins à lui accorder, des moyens de la protection de la famille.

    Première partie: Responsabilité de la communauté à l'égard de l'incitation au mariage

    Deuxième partie: Responsabilité de la communauté vis-à-vis de la protection et de l'assistance à la famille

    Troisième partie: Les moyens de protection de la famille

    Première partie: Responsabilité de la communauté à l'égard de l'incitation au mariage

    Cette partie traite de la responsabilité de la communauté à l'égard de l'incitation au mariage. Elle démontre les fondements de cette responsabilité; elle explique également la facilitation des voies du mariage légal. Elle aborde l'incitation au mariage des jeunes dans trois articles.

    Article (21)

    Le fondement de cette responsabilité

    La responsabilité de la communauté envers ses membres selon l'Islam se fonde sur la relation du tout à la partie, et d'une seule entité avec tous ses membres. La communauté est composée de familles interdépendantes et cohérentes comme un seul corps. Et cela ne peut être possible que par le mariage. La communauté bien guidée est celle qui prend soin de définir les plans et les méthodes aptes à l'incitation au mariage et à son anticipation, et ce dans le but de veiller à son évolution, de préserver sa force essentielle et de boucher toutes les issues menant à l'immoralité.

    Cet article est basé sur les règles et les fondements de la sociologie ainsi que sur la parole d'Allah exalté soit-Il qui dit:«Certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc.» (Al-Anbiyâ': 92)

    Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, dit: «Les musulmans sont, dans l'affection, la bonté et la sympathie qui existent entre eux comme un corps qui, lorsqu'un de ses membres souffre, voit tout le reste de ses membres partager avec lui l'insomnie et la fièvre.»[1]

    Article (22)

    Faciliter les voies du mariage légal

    La charia enjoint la communauté de faciliter les voies du mariage légal, et ce en aplanissant les obstacles et les difficultés pouvant en détourner. La communauté doit pour ce faire:

    1. Trouver une solution aux difficultés d'ordre matériel et particulièrement le problème du chômage et la crise du logement. Elle doit octroyer une aide matérielle à ceux qui désirent se marier.

    2. Amener la communauté à prendre conscience de l'importance du mariage dans l'Islam et du droit de chaque individu à contracter le mariage.

    3. Exhorter et mettre l'accent sur la conduite islamique équilibrée, qui implique le respect des normes légales en ce qui concerne la mixité autorisée par la loi, et que cette conduite soit au juste milieu entre l'excès et la négligence, la restriction et l'évasion.

    4. Mettre l'accent sur la non cherté de la dot et sur l'absence de dépenses outrancières pour les cérémonies nuptiales. Combattre les mauvaises coutumes sociales relatives au mariage, prendre toutes les mesures qui s'imposent pour éradiquer ou limiter ce phénomène.

    Cet article édicte une des règles de la société active: la facilitation du mariage légal et l'aplanissement des obstacles et des difficultés qui en détournent. Cet acte est considéré comme une obligation dite Kifâya (qui incombe au moins à une personne), et est un devoir qui incombe à toute la société. L'article ouvre ainsi à la sauvegarde de plusieurs objectifs de la charia déjà mentionnés à la cinquième partie du premier Chapitre. Puis, l'article donne des détails à titre d'exemple et non de façon exhaustive, sur la plupart des moyens servant à faciliter le mariage:

    * Le premier paragraphe est axé sur les règles d'équité dans la répartition des ressources entre les membres de la société, la réalisation de la solidarité sociale et politique prêchée par les lois célestes, et la législation des lois matérielles et morales qui en résultent et qui garantissent la réalisation de cette fin dans la société. Parmi ces règles, citons: La solution aux problèmes matériels, plus particulièrement le problème du chômage et la crise du logement, accorder une aide matérielle aux personnes qui désirent se marier. Allah exalté soit-Il a dit: «afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d'entre vous.» (Al-Hachr: 7);

    "ßóíú áÇ íóßõæäó ÏõæáóÉð Èóíúäó ÇáÃóÛúäöíóÇÁö ãöäßõãú"[ÇáÍÔÑ: 7].

    Il dit également: «et donnez-leur des biens d'Allah qu'Il vous a accordés.» (An-Nour: 33)

    "æÂÊõæåõã ãøöä ãøóÇáö Çááøóåö ÇáóÐöí ÂÊóÇßõãú"[ÇáäæÑ: 33].

    Abou Horayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a narré que le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, a dit: «Trois catégories de personnes doivent être aidées: Celui qui fait le djihad dans la voie d'Allah, le Mokâtab (esclave qui a signé un contrat avec son maître pour sa libération) qui veut s'affranchir, le marié qui veut rester chaste.»[2]

    La solidarité entre les musulmans est un devoir dit Kifâya. L'important étant la satisfaction du besoin des pauvres et des besogneux, si une partie de la société s'en acquitte, l'autre partie en devient dispensée. Toutefois, on ne doit pas transgresser l'obligation de s'acquitter de la zakat prescrite. Si donc une partie de la société ne parvient pas à satisfaire ce besoin, cette tâche incombera à tous y compris l'Etat. Ils devront tous satisfaire ce besoin sinon ils auront péché. Allah exalté soit-Il dit: «Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression.» (Al-Mâida: 2)

    "æÊóÚóÇæóäõæÇ Úóáóì ÇáÈöÑøö æÇáÊøóÞúæóì æáÇ ÊóÚóÇæóäõæÇ Úóáóì ÇáÅËúãö æÇáúÚõÏúæóÇäö"[ÇáãÇÆÏÉ: 2].

    Allah exalté soit-Il, en prescrivant la zakat sur les biens des riches, a fait d'elle un droit notoire qu'on verse aux pauvres. Ibn `Abbâs qu'Allah soit satisfait de lui et de son père a narré que, le Prophète, prière et salut sur lui dit à Mo`âdh ibn Djabal lorsqu'il le chargea d'une mission au Yémen: « Informe-les qu'Allah leur a prescrit une aumône qui sera perçue sur les riches parmi eux pour être versée aux pauvres parmi eux.»[3]

    Al-Moghîra ibn Miqsam a narré que: `Omar ibn `Abd al-`Azîz rassembla les fils de Marwân lorsqu'il fut fait calife et leur dit: Le Messager d'Allah avait un dattier à Fadak; il utilisait une partie de ses récoltes pour ses dépenses, faisait don d'une partie aux cadets des fils de Hâchim, et mariait leurs veufs à l'aide d'une autre partie. Fâtima lui demanda de le lui céder, il refusa. Ce dattier demeura ainsi du vivant du Prophète jusqu'à ce qu'il quittât ce monde.»[4]

    * Le deuxième paragraphe traite de la conscientisation de la communauté à l'égard de l'importance du mariage dans l'Islam. Sa démarche part de la parole du Prophète, prière et salut sur lui, suivante: «Ô jeunes gens! Quiconque parmi vous possède les capacités physiques et les moyens financiers nécessaires au mariage, qu'il se mette en ménage. Certes, le mariage contraint les regards lascifs et préserve la chasteté.»

    Ce Chapitre s'appuie également sur les arguments massues qui dénotent de la responsabilité de l'Etat dans la conscientisation et la culture religieuse et morale. Allah exalté soit-Il dit: «ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message.» (Al-Mâida: 67).

    "íóÇ ÃóíøõåóÇ ÇáÑøóÓõæáõ ÈóáøöÛú ãóÇ ÃõäÒöáó Åáóíúßó ãöä ÑøóÈøößó æÅä áøóãú ÊóÝúÚóáú ÝóãóÇ ÈóáøóÛúÊó ÑöÓóÇáóÊóåõ"[ÇáãÇÆÏÉ: 67].

    Lorsque le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, envoya `Alî ibn Abî Tâlib, qu'Allah soit satisfait de lui, à la tête d'un régiment, il lui donna des recommandations en ces termes: «Va, sois calme tant que tu ne seras pas arrivé à leurs positions; alors invite-les à embrasser l'Islam; dis-leur les devoirs que la religion leur impose vis-à-vis d'Allah. Par Dieu! Il vaudra mieux pour toi d'être grâce à Allah, le guide d'un seul homme dans la bonne voie que de posséder des chameaux roux.»[5]

    * Le troisième paragraphe stipule une sentence légale vis-à-vis de la mixité. La mixité est permise mais à condition qu'on se conforme aux normes légales qui la régissent, telles baisser le regard, éviter de serrer la main aux hommes en toutes situations, éviter de rester seule avec un homme, éviter une longue rencontre répétée, éviter les lieux de suspicion, éviter le péché manifeste et caché, respecter l'accoutrement légal, éviter le parfum, être appliqué pendant la conversation, être digne dans ses mouvements. L'autorisation est normalisée et modérée, c'est cela la voie authentique de la légalité, loin de l'excès et l'abandon, la restriction et l'évasion.

    * Le quatrième paragraphe met en garde contre certaines mauvaises coutumes sociales liées au mariage, à savoir entre autre:

    - La dot outrancière: Les jurisconsultes sont d'avis que la dot n'a pas un plafond, vu que rien n'est rapporté du Législateur démontrant la fixation d'un plafond à ne pas dépasser. Il est bon de savoir que chaque délimitation doit être sous-tendue par une preuve. Pourtant, la sunna prophétique incite à l'allègement de la dot et à ne point la hausser de manière outrancière. `Aicha, qu'Allah soit satisfait d'elle, a narré que le Prophète, prière et salut sur lui dit: «Le mariage qui a la plus grande bénédiction est celui qui se conclut avec le moins de frais possible.»[6] Il est confirmé de `Aicha, qu'Allah soit satisfait d'elle, que le Messager d'Allah prière et salut sur lui a dit: «La fortune d'une femme réside dans la facilitation de ses fiançailles et l'allègement de sa dot.» [7]

    Abou al-`Ajfâ' as-Solamî a narré que `Omar ibn al-Khattâb a dit: «N'élevez pas excessivement la dot des femmes. Car s'il s'agissait d'une cause d'honneur dans ce monde ou de piété auprès d'Allah, le Prophète l'aurait le plus mérité. Or ni lui, n'a offert comme dot à l'une de ses femmes, ni l'une de ses filles ne s'est vue offrir en dot un montant supérieur à quatre cent quatre-vingt pièces d'argent.»[8]

    Ces hadiths prouvent qu'à l'origine, la dot doit être modérée, car c'est cette modération qui s'approche le plus de la réalisation des objectifs de la loi qui sont, entre autre, l'abstinence des jeunes, la facilitation du licite et la multiplication de la descendance. Rappelons aussi que jamais on ne donna à choisir à l'Envoyé d'Allah, prière et salut sur lui, entre deux choses sans qu'il ne choisisse la plus facile, pourvu que ce ne fût pas un péché.

    - L'excès dans les cérémonies de mariage. L'excès est légalement interdit. Allah exalté soit-Il a dit: «Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent; et acquittez-en les droits le jour de la récolte. Et ne gaspillez point car Il n'aime pas les gaspilleurs.» (Al-An`âm: 141);

    "ßõáõæÇ ãöä ËóãóÑöåö ÅÐóÇ ÃóËúãóÑó æÂÊõæÇ ÍóÞøóåõ íóæúãó ÍóÕóÇÏöåö æáÇ ÊõÓúÑöÝõæÇ Åäøóåõ áÇ íõÍöÈøõ ÇáãõÓúÑöÝöíäó"[ÇáÃäÚÇã: 141].

    Il dit également: «ô enfants d'Adam, dans chaque lieu de Salat portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d'excès, car Il [Allah] n'aime pas ceux qui commettent des excès.» (Al-A'râf: 31)

    "íóÇ Èóäöí ÂÏóãó ÎõÐõæÇ ÒöíäóÊóßõãú ÚöäÏó ßõáøö ãóÓúÌöÏò æßõáõæÇ æÇÔúÑóÈõæÇ æáÇ ÊõÓúÑöÝõæÇ Åäøóåõ áÇ íõÍöÈøõ ÇáãõÓúÑöÝöíäó"[ÇáÃÚÑÇÝ: 31].

    Le Prophète, prière et salut sur lui dit: «Mangez, donnez l'aumône, habillez-vous sans excès ni orgueil.»[9]

    C'est ainsi que l'Islam a combattu les mauvaises coutumes sociales liées au mariage et a pris toutes les mesures garantissant l'annihilation de ces phénomènes.

    Article (23)

    Incitation à marier les jeunes

    La charia encourage la précocité du mariage des jeunes, pour repousser les causes du dérèglement des moeurs et de la débauche.

    L'incitation de la charia à la précocité du mariage des jeunes dans le but de repousser les causes du dérèglement des mours et de la débauche, part de la responsabilité de la communauté vis-à-vis de ses membres. `Abd Allah ibn Mas`oud, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Messager d'Allah, prière et salut sur lui a dit: «Ô jeunes gens! Quiconque parmi vous possède les capacités physiques et les moyens financiers nécessaires au mariage, qu'il se mette en ménage. Certes, le mariage contraint les regards lascifs et préserve la chasteté.»

    Abou Horayra a narré que le Prophète, prière et salut sur lui a dit: «Si un homme de bonne foi et de bon caractère demande la main d'une femme des vôtres, acceptez sa demande! Sinon vous causerez une discorde sur terre et une grande corruption. »[10]

    Abou Rohm a transmis que le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, a dit: «La meilleure intercession qui soit est qu'on intercède entre deux personnes en vue de les marier.»[11]

    Abou Sa`îd a narré que, `Omar, qu'Allah soit satisfait de lui, prononça un sermon dans lequel il dit: «Allah exalté soit-Il a autorisé ce qu'Il a voulu à Son Prophète, prière et salut sur lui. Le Prophète a quitté ce monde, accomplissez le grand et le petit pèlerinage comme Allah exalté soit-Il vous l'a ordonné, rendez chastes les parties intimes de ces femmes.»[12]

    Djâbir ibn `Abd Allah qu'Allah soit satisfait de lui et de son père a narré que le Messager d'Allah prière et salut sur lui a dit: «Vous êtes aujourd'hui des adeptes d'une religion, je serai fier de votre nombre devant les autres nations, ne rebroussez pas chemin après moi.»[13]


    Deuxième partie: Responsabilité de la communauté vis-à-vis de la protection et de l'assistance à la famille

     

    Cette partie, composée de huit articles, traite de la responsabilité de la communauté vis-à-vis de la protection et de l'assistance à la famille. Elle démontre le fondement de cette responsabilité ainsi que l'équilibre nécessaire entre les droits et les devoirs. Elle démontre également le rapport d'intérêt dans la documentation du contrat de mariage. Elle aborde l'exigence de la présence des témoins pendant la conclusion de l'acte de mariage, ainsi que sa déclaration. Cette partie explique aussi l'importance de l'enregistrement des naissances et appelle à combattre les formes illégales de mariage, s'attaquer aux idées perverses, et diffuser la prise de conscience à l'égard de la valeur du mariage et ses règles de bienséance.

    Article (24)

    Le fondement de cette responsabilité

    Cette responsabilité repose sur deux piliers:

    Premièrement: Elle réalise un objectif légalparce que l'Islam a fait de la perpétuité et la continuité la base du mariage et de la famille. Cette responsabilité parachève le devoir d'incitation au mariage dont les objectifs légaux ne se réunissent qu'avec la pérennité de la famille, et ce en repoussant tout ce qui peut nuire à son intégrité et en la protégeant.

    Deuxièmement: Lorsque la communauté protège la famille contre les causes de la dislocation et de la dégénérescence, c'est elle-même et ses valeurs sociales et morales qu'elle protège.

    Cet article démontre la base sur laquelle se fonde la responsabilité de la communauté, lorsqu'elle s'acquitte de son devoir de protection et d'assistance à la famille.

    * Le premier pilier s'appuie sur une règle: «Ce qui est indispensable à l'accomplissement d'un acte obligatoire est lui aussi obligatoire.» Partant, la continuité de la famille bâtie sur la pérennité n'est pas possible sans sa protection.

    * Le second pilier renvoie à la responsabilité de la communauté vis-à-vis de la protection de la famille en tant qu'unité élémentaire la composant. En plus, protéger la famille c'est protéger la société, négliger sa protection ainsi que ses valeurs entraîne l'effondrement de la société et de ses valeurs. C'est pour cela que plusieurs textes exhortent la communauté à fournir beaucoup d'efforts en vue d'empêcher la fissure de la famille. Allah exalté soit-Il dit: «Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur.» (An-Nissâ': 35)

    "æóÅöäú ÎöÝúÊõãú ÔöÞóÇÞó ÈóíúäöåöãóÇ ÝóÇÈúÚóËõæÇú ÍóßóãðÇ ãøöäú Ãóåúáöåö æóÍóßóãðÇ ãøöäú ÃóåúáöåóÇ Åöä íõÑöíÏóÇ ÅöÕúáÇóÍðÇ íõæóÝøöÞö Çááøåõ ÈóíúäóåõãóÇ Åöäøó Çááøåó ßóÇäó ÚóáöíãðÇ ÎóÈöíÑð"[ÇáäÓÇÁ: 35].

    Les jurisconsultes ont dit: En cas de discorde entre les époux, le juge les transfère à un homme digne de confiance pour examiner leur cas et empêcher celui qui est dans son tort d'être injuste. Si la discorde s'aggrave et que la dispute se prolonge, le juge convoque un tête à tête entre un homme de confiance issu de la famille de la femme et un autre homme de confiance issu de la famille de l'homme, afin qu'ils puissent examiner leur cas et trancher en vertu de leur avis, de façon que la décision soit de l'intérêt des époux soit par la séparation soit par la réconciliation. Le Législateur a beaucoup plus convoité la réconciliation. C'est pour cela qu'Il dit: «Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux.»[14]

    Abou Horayra a narré que le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, a dit: «Quiconque incite une femme à l'insubordination à son époux ou un esclave à l'insubordination à son maître n'est pas des nôtres.»[15]

    Cette obligation fait partie des obligations dites Kifâya, mais qui sont en même temps un devoir incombant à toute la communauté. L'autorité ainsi que ses employés à qui elle confie cette tâche, assument cette charge en lieu et place de la communauté. Ce devoir devient une obligation individuelle lorsque la tâche est confiée à une personne bien déterminée.

    Article (25)

    L'équilibre entre les droits et les devoirs

    La vie familiale doit sa protection et sa continuité au fait que le contrat de mariage renferme et remplisse soigneusement les conditions posées par chaque époux dans des cas autorisés par la charia. De même qu'à l'équité et à l'équilibre entre les droits et les devoirs de chacun conformément aux fondements et aux normes de la loi.

    Cet article démontre plusieurs moyens importants et nécessaires à la protection et à la continuité de la vie familiale.

    * Le contrat de mariage doit renfermer avec précision et clarté les conditions posées par chaque époux, et ce dans des cas autorisés par la charia. Nous avons déjà eu à démontrer à l'article 9 que l'âme humaine est avare avec tout ce qu'elle a de matériel et de moral. Elle est à même de méconnaître un droit qu'elle a auparavant reconnu. C'est pour pallier ce préjudice que ce moyen est d'une grande importance. Ce moyen a pour but de sauvegarder les droits de la perte, d'empêcher l'âme humaine de la méconnaissance de ses droits. Cela est possible lorsque chaque partie connaît ses droits à travers les clauses contenues dans l'acte de mariage. Ce qui précède tire son origine du dire du Prophète, prière et salut sur lui

    «Les musulmans sont ceux qui respectent les conditions qu'ils ont posées.»[16] Dans une autre variante

    «Sauf une condition qui rend le licite illicite et l'illicite licite.»[17]

    `Abd ar-Rahmân ibn Ghanm a narré que: J'étais assis avec `Omar et mes genoux touchaient les siens quand un homme vint et dit: ô prince des croyants! J'ai épousé celle-ci et lui ait posé comme condition de lui offrir une concession. Or je me suis résolu à me déplacer pour tel ou tel endroit. `Omar dit: «Tu dois respecter cette clause». L'homme dit: les hommes auraient tous péri si la femme pouvait répudier l'homme. `Omar rétorqua: «Les croyants sont ceux qui respectent leurs conditions qui permettent de discerner le vrai du faux.» Dans une autre variante: «Les conditions permettent de discerner le vrai du faux,à la femme ce qu'elle a exigé.»[18]

    * Le respect de l'équité et de l'équilibre entre les droits et les devoirs des époux, conformément aux sources et aux normes légales, est nécessaire à la protection et à la continuité de la famille. Chaque époux a des droits qu'il doit acquérir de la part de l'autre partie, il a de même un devoir qu'il accomplit en contrepartie. C'est cela la justice. Allah exalté soit-Il dit: «elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance» (Al-Baqara: 228)

    "æóáóåõäøó ãöËúáõ ÇáøóÐöí Úóáóíúåöäøó ÈöÇáúãóÚúÑõæÝö æóáöáÑøöÌóÇáö Úóáóíúåöäøó ÏóÑóÌóÉñ"[ÇáÈÞÑÉ: 228].

    De même, on doit accorder à chaque droit et à chaque devoir sa valeur relative et son intérêt réel.

    Article (26)

    Documentation du contrat de mariage

    La documentation officielle du contrat de mariage réalise un intérêt religieux et social. Elle a pour but de repousser le reniement de la relation conjugale et de protéger les droits de l'épouse et des enfants.

    Cet article stipule l'un des plus importants moyens de protection de la famille: la documentation du contrat marital. À l'origine, cette documentation n'est pas une condition de validité du mariage, car lorsqu'il y a offre et acceptation, et lorsque les termes du contrat sont explicites en présence du tuteur et des témoins au moment de la conclusion du contrat, le contrat est considéré et authentifié tel que nous verrons plus loin à la deuxième partie du troisième Chapitre.

    Le mariage sous cette forme simple ne pouvait souffrir d'aucun reniement quand les sociétés étaient moins larges, et lorsque les gens menaient encore une vie restreinte à la tribu et à l'environnement. Avec le changement qu'a subi la vie, le dénouement des liens sociaux qui unissaient les gens, l'explosion démographique, la ramification des affaires, la corruption des consciences et de la morale, il s'est avéré difficile de laisser les choses telles quelles. Tout cela a exigé la documentation de l'acte de mariage, car cela tient à beaucoup de choses à l'intérieur des institutions étatiques comme l'enseignement, la santé, le voyage à l'extérieur, la conscription etc. Dans certains pays islamiques, la loi stipule qu'on ne doit pas examiner une plainte matrimoniale quand l'acte de mariage n'a pas été documenté officiellement chez un fonctionnaire compétent, ou dans une institution ou un corps spécialisé dans ce domaine, et ce en cas de reniement du mariage.

    Lorsque l'acte de mariage n'a pas été documenté, dans la majeure des cas, les conséquences sont néfastes, la relation conjugale est reniée et les droits des enfants sont bafoués. Or selon la loi, les torts et les dommages doivent être repoussés. Le Prophète, prière et salut sur lui, a dit: «On vous a interdit de faire du tort et de vous nuire les uns aux autres.»[19]

    Article (27)

    De la présence des témoins pendant la conclusion du contrat de mariage et l'annonce solennelle du mariage

    Lorsque la charia exige la présence des témoins pendant la conclusion du contrat de mariage, elle veut associer la communauté à l'édification de la famille et veut tracer une ligne de démarcation entre ce qui est interdit et ce qui est légal en ce qui concerne la relation entre l'homme et la femme. Recommander son annonce est une manière de publier le contrat et une approbation sociale de la naissance d'une nouvelle famille.

    Cet article explique le rôle de la présence des témoins pendant la conclusion du contrat ainsi que sa place au sein de la communauté. Le contrat de mariage a plusieurs conséquences dont les plus importantes sont: l'autorisation faite aux époux de cohabiter, l'obligation de la dot et de la prise en charge financière, la confirmation de l'attribution de la parenté des enfants à leurs parents, le droit à l'héritage, l'obligation de suivi et d'obéissance. Ces conséquences sont toujours sujettes au reniement et à l'ingratitude de la part des époux. C'est pour cela que la religion a pris des précautions en exigeant la présence de deux témoins au moins pendant la conclusion du contrat de mariage. Elle a posé des conditions qu'ils doivent remplir afin qu'ils inspirent confiance et confirment les conséquences précitées lorsque leur témoignage est sollicité; surtout lorsqu'il y a discorde entre les époux ou bien lorsqu'un d'eux renie les droits contenus dans ce contrat ainsi que ses conséquences. C'est à ce titre que la présence des témoins est une manière d'associer la communauté à l'édification de la famille et une marque qui distingue le légal de l'interdit pour ce qui est de la relation entre l'homme et la femme.

    L'exigence de la présence des témoins pendant la conclusion du contrat de mariage a pour preuve le dire du Prophète suivant: «Aucun mariage n'est valide sans la présence d'un tuteur et de deux témoins irrécusables.»[20]

    Abou az-Zobayr al-Makkî a narré qu'on présenta un mariage à `Omar ibn al-Khattâb, qui n'eut que le témoignage d'un homme et d'une femme, il dit: «Ceci est un mariage secret que je ne cautionne pas, si j'avais été appelé à y faire quelque chose, j'aurais lapidé les mariés.»[21]

    Les jurisconsultes ont défini plusieurs conditions que doivent remplir les témoins, à consulter dans les ouvrages de jurisprudence.

    Plusieurs hadiths sont rapportés du Prophète, prière et salut sur lui, au sujet de la publication du mariage: «Proclamez le mariage.»[22] «Ce qui marque la différence entre le licite et l'illicite en ce qui concerne le mariage est le tambourin et le chant.»[23] `Amr ibn Yahyâ al-Mâzinî a rapporté de son grand-père, Abou Hassan, que le Prophète prière et salut sur lui, abhorrait le mariage secret sauf celui au cours duquel on joue le tambourin et dit: Nous sommes venus vers vous, nous sommes venus vers vous, saluez-nous; nous vous retournerons le salut.[24]

    Article (28)

    Enregistrement des naissances

    L'enregistrement des naissances auprès d'une institution compétente garantit l'attribution de chaque enfant à ses parents. Il garantit aussi la création d'une famille saine ayant une bonne assise. De même, il concrétise l'appartenance d'un individu à sa société et à sa patrie, ainsi que le respect des droits de l'individu par la société et la patrie.

    Cet article élucide l'un des plus importants moyens de protection de la famille. Il s'agit de l'enregistrement des naissances auprès d'une institution compétente, et ce pour des intérêts qui en résultent. Cet article s'appuie sur la règle des intérêts décrétés sans contrainte aucune. Il est du droit de l'autorité de restreindre le champ du licite dans le but de réaliser l'intérêt général et d'empêcher le préjudice pouvant résulter du mauvais usage de ce droit. Ce champ est très vaste dans la charia. La charia permet à l'autorité de l'organiser à condition de rechercher le côté où se trouve l'intérêt supérieur, à condition aussi que cela n'entraîne pas de préjudice et qu'il n'y ait pas collision avec une règle légale.

    Article (29)

    Combattre les formes illégales de mariage

    Quand la communauté protège les valeurs morales et sociales vertueuses, et combat les relations sexuelles et les formes de mariage illégales, elle protège ainsi la famille de l'effondrement. En même temps, elle concrétise son bonheur et sa stabilité afin qu'elle soit un nid propice à l'éducation de la nouvelle progéniture. De même elle accroît l'intérêt pour le mariage légal.

    Cet article explique les responsabilités majeures de la société. La plus importante est la protection que l'Etat assure à la famille afin qu'

     
     

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